ouestprovence.fr | 07.09.20 | 13:09

Affinités primitives

Le projet d’exposition se définit à travers le principe ou la notion d’affinité, cette notion s’alimente d’une puissante attraction pour le primitif, tiraillée entre le sens de ressemblance et d’attirance.

La présence d’objets précieux de la Collection du Musée des arts asiatiques de Toulon, des objets cultuels, rituels et usuels, permet de donner à cette rencontre un caractère transhistorique et transculturel, ouvrant le champ des possibles.

L’exposition conjugue et met en exergue des liens tendus entre le sacré et l’utilitaire, l’érotisme et le raffinement.

Des objets de l’art contemporain occidental dialoguent avec des objets anciens qui s’inscrivent dans une histoire culturelle, d’Extrême Orient au sud-est asiatique, riche de sens.

Pour revenir sur l’attachement de l’artiste Alain Pontarelli au primitif, il est important de re-contextualiser l’imaginaire primitif qui se construit au tout début du XXe siècle avec le goût prononcé pour l’ailleurs.

Ce rapport au primitif prend un caractère géographique qui accompagne l’histoire de l’exotisme essentiellement oriental puis extrême oriental au XIXe siècle.

Le primitivisme permet d’interroger la civilisation occidentale dans ses représentations en voulant sortir du rationalisme pour aller vers la symbolique et une forme d’abstraction ou de pureté des formes. Le primitivisme trouve un lien fort avec le récit de voyages, il s’agit pour les artistes de retrouver un champ poétique et universel poussés par la recherche d’une pureté et d’une spontanéité.

Chez Alain Pontarelli, la recherche, de formes simples et épurées, trouve son intensité à travers des formes symboliques. Son empathie, son attirance consiste à ériger des oeuvres, des sculptures qui tendent parfois vers la notion d’idole ou d’objets totémiques. En cherchant des formes universelles, il s’exerce à la recherche d’un archaïsme du faire et de la forme tout en essayant de les sublimer. Retrouver les origines, retrouver une part invisible de l’oeuvre.

Son oeuvre est liée à la praxis et à l’interrogation de celle -ci, la pratique de la fabrication d’objets. Une pratique faite aussi de composition avec des objets non détournés mais réinvestis car ils gardent leurs sens premier, un fusil est un fusil certes et pourtant ils se voient chargés de poésie et de dérision.

De ses compositions découlent des titres poétiques, imagés, des voyages intérieurs. Les objets de collection et de création sont mis en scène afin que les matériaux et les matières s’interpellent dans l’espace d’exposition, que leurs formes travaillées témoignent de l’intérêt artistique pour le savoir-faire et de la continuité des formes dans le temps. Et au-delà de ces connections, d’un esprit de la matière qui voyage.